Couverture : Cartonnée sous jaquette couleur
Illustration : Près de 100 illustrations couleur
Format : 240 x 320 mm
Nombre de pages : 190
ISBN : 9782907970716
Parution : janvier 2006
Promotion - 40,00 %
36,00 € T.T.C
Anthologie des plus beaux textes de la littérature française consacrés aux commerçants. La vie des commerçants illustrée par la Littérature et les Beaux-Arts.
Le commerçant, depuis le Moyen Age est toujours apparu, dans la littérature française, comme un personnage à part entière.
A l’origine du théâtre profane, les marchands sont généralement représentés comme des tricheurs. Quel aubergiste ne mélange pas son vin ? Celui de Courtois d’Arras ne s’arrange-t-il pas avec deux filles de joie pour plumer complètement un client naïf ? Ces personnages sont saisis sur le vif, tâchant d’attraper le chaland et de conclure au plus vite une bonne affaire.
Le théâtre et le roman du XVIIe siècle en font un sujet de méfiance due à l’enrichissement rapide que provoquaient les disettes périodiques en faveur des marchands de denrées vivrières. Le commerçant est alors porteur de tous les vices aux yeux des philosophes de la Renaissance et des Réformateurs, et devient sujet de moquerie. L’Avare de Molière en est un des exemples les plus célèbres.
Avec le siècle des Lumières, on assiste à un revirement complet. Voilà le commerçant – qui en réalité est désormais un négociant – devenu soudain un modèle de vertu. A l’image du Freeport de Voltaire il est d’une moralité exemplaire : honnête et probe dans les affaires, il manifeste sa bonté dans sa vie privée et familiale. Quant au vertueux mais pauvre Clairville du Fils Naturel de Diderot, il songe à se lancer dans le commerce, car, dit-il, c’est le seul état « où les grandes fortunes soient proportionnées au travail, à l’industrie et aux dangers qui les rendent honnêtes ».
Peut-être plus qu’à toute autre époque, la littérature du XIXe siècle fait au marchand une place prépondérante. Dans un premier temps, le commerce nouveau et les commerçants font l’admiration des héros des romans. Dans leurs boutiques, nouveau symbole de modernité et de liberté, tout brille, tout illumine. Le Palais Royal, qui offre les plus belles enseignes de Paris est une scène où se bousculent les héros et les héroïnes de Balzac.
Mais avec l’arrivée des grands magasins, l’opinion change. Ils prennent soudain, avec Zola, la défense du petit commerçant contre les promoteurs de ces nouveaux “caravansérails de la vente” que sont le Bon Marché, la Samaritaine et les Magasins du Louvre. “Le bonheur des Dames” fait le malheur des petits commerçants, et devient le symbole de cette lutte qui s’engage entre le petit commerce et les magnats du capitalisme.
Avec le XXe siècle, le rôle du commerçant sera moins présent dans la littérature, sinon sous la plume d’Aragon et de ses compères surréalistes qui chanteront la mort lente du petit commerce comme un vestige évanescent d’une vie poétique que le modernisme assassine. Quant à Céline, il dressera un tableau terrible de ce petit commerce dans Mort à Crédit.
