Vous êtes ici : Accueil

Promenades Littéraires - Les Passages couverts de Paris

DE MONCAN Patrice

Présentation : Beau-livre en format poche - Textes et photos anciennes
Couverture : Souple, pelliculée
Illustration : 40 illustrations et plans de promenades
Format : 155 x 210 mm
Nombre de pages : 176
ISBN : 9782358960182
Parution : 23 mai 2012

18,50 € T.T.C

Ajouter au caddie

Promenade littéraire à travers les passages de Paris en compagnie des écrivains des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, de Sébastien Mercier jusqu'aux Surréalistes, en passant par Balzac, Zola, Céline, et tant d'autres.

Décrire les passages couverts de Paris au XIXe siècle, c'est faire le portrait de la capitale à cette époque. « N'est-ce pas le résumé d'une ville entière qu'un passage ? » écrivait Amédée Kermel en 1831, avant d'ajouter : « En étudiant la face physique des passages de la capitale, on obtient l'expression raisonnée de ses mœurs. Prenez les Galeries de l'Opéra et le passage Brady, deux points extrêmes du grand tout, vous arriverez par voie de déduction, à la connaissance générale de Paris. »
Il n'est pas étonnant que de nombreux romanciers aient utilisé les passages pour décor de leurs romans. La description des Galeries de Bois du Palais-Royal par Balzac, dans Illusions perdues, reste le plus beau témoignage sur ce passage qui fut le tout premier de Paris, au sens propre comme au sens figuré. Zola fait arpenter au comte Muffat l'allée du passage des Panoramas dans l'attente de Nana. Thérèse Raquin, une autre héroïne de cet auteur, habite le passage du Pont-Neuf et les voyageurs d'Aps-en-Provence qui montent à Paris dans le roman d'Alphonse Daudet, “Numa Roumestan”, s'installent provisoirement dans le passage du Saumon.
Au début de notre siècle, Louis Aragon consacre un de ses premiers ouvrages, “Le paysan de Paris”, au passage de l'Opéra, alors que celui-ci allait être détruit. Enfin, Céline, qui vécut son enfance dans le passage Choiseul, laissera des pages inoubliables dans “Voyage au bout de la Nuit” et dans “Mort à Crédit” sur l'atmosphère de ce lieu qu'il jugeait étouffante.

De 1786 à 1860, plus d'une cinquantaine de passages furent construits dans la capitale. Véritable phénomène de mode, on y trouvait, à l'abri de la boue et de la poussière d'un Paris qui ne connaissait ni les trottoirs, ni le bitume, tous les charmes de la vie parisienne. C'était le royaume de la mode et des nouveautés, le royaume des modistes, des chausseurs, des tailleurs et des coiffeurs. Les plus belles boutiques étalaient, derrière leurs somptueuses vitrines, le luxe produit par l'industrie nouvelle. A leurs côtés, les libraires et les cabinets de lecture, les bals, les panoramas, – ancêtres du cinéma –, les estaminets, qu’ils fussent ou non lyriques, où l'on savourait des glaces en musique, les cafés et les restaurants, attiraient les Parisiens de toute condition.
Les passages offraient aussi des conditions de confort inconnues jusqu'alors. Des bains, souvent somptueux, s’y trouvaient, mais aussi des salons de décrottage, et même des cabinets d'aisance qui, sous l'Empire et la Restauration, étaient un luxe quasiment réservé aux passages couverts.

Seuls seize d'entre eux ont échappé à la démolition. Tous ne connurent pas le succès ou la gloire littéraire.